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Etre professeur à distance : l'enseignement repensé

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En Mars 2020, lors de l’annonce présidentielle du confinement national, Karin Kollenz a été, comme l’ensemble de ses collègues, contrainte d’adopter l’enseignement à distance à toute vitesse : “Comme presque tout le monde, j’ai dû apprendre à nager vite, car au moment du confinement, j’assurais 4 cours, regroupant près de 300 étudiants au total ! L’enjeu étant de passer d’un format ‘face to face’ à un format 100% en ligne, j’ai appris à m’adapter le plus vite possible.” 

Mais avant d’être contrainte comme tous ses pairs au passage au tout digital, la professeur de stratégie qui enseigne à l’EDHEC Business School, possédait déjà une vaste expérience de la formation digitale. “Je bénéficiais déjà d’expériences passées, ayant passé il y a quelques années plusieurs parties de certains de mes cours en ‘blended’ learning, une forme d’enseignement hybride conciliant présentiel et formation à distance”, explique-t-elle.

Une décision due à son approche et à ses méthodes d’enseignement. “Dans certaines de mes classes, le nombre d’étudiants est trop élevé pour ma manière d’enseigner”, commente Karin. ‘En mettant une partie des cours en ligne (pour que les étudiants puissent les faire à leurs rythme), j’ai pu utiliser mes heures présentielles pour travailler avec des petits groupes d’étudiants.’ 

Et le secret de cette méthode d’enseignement à distance repose sur l’enseignement asynchrone.

Enseignement à distance et asynchrone : le combo gagnant

“J’enseigne à mes étudiants la stratégie et l’innovation. À ce titre, une grande partie de mon cours repose sur des cas, et des analyses. Mes étudiants sont invités à évaluer de nombreuses options, ce qui passe par une discussion, un débat. Ce qui peut s’avérer difficile à faire avec une classe de 100 étudiants, surtout s’ils n’y sont pas habitués.”

Avant même les épisodes de confinement qui ont marqué la France en 2020, Karin Kollenz avait déjà adapté son cours. Ses classes étaient découpées en plus petits groupes de 30, et le fonctionnement asynchrone y faisait foi.

“En tant que professeurs à l’EDHEC Business School, nous avons aussi un avantage compétitif”, confie-t-elle. “Nous avons accès au Pedagogical Innovation Lab de l’école, à des designers et ingénieurs pédagogiques expérimentés. Ils connaissent les rouages de la pédagogie en ligne, ce qui a grandement aidé nos pratiques d’enseignement à distance.”

C’est d’ailleurs la richesse de son approche pédagogique qui rend les formations de l’EDHEC Online pertinentes. Le programme MSc est ainsi entièrement dispensé en ligne, s’appuyant sur un mélange entre théorie, pratique individuelle, travaux en groupe et sessions de coaching. Une approche similaire à celle de Karin, qui intervient dans ce programme.

Responsabiliser les étudiants et les rendre acteurs de leur apprentissage

Selon Karin, la clé du succès consiste à responsabiliser et autonomiser chaque étudiant. “Ce qu’il faut avant tout si on veut bien fonctionner à distance, c’est s’assurer que chaque étudiant soit actif. Nous avons testé de nombreux nouveaux outils ces derniers mois. Comme j’enseigne l’innovation, les élèves sont ravis de découvrir et de tester de nouvelles choses constamment !”  

L’apprentissage n’est en effet pas la seule responsabilité de l’enseignant. Il est d’après Karin important de créer un véritable contrat d’apprentissage avec ses élèves, d’autant plus que lorsque l’enseignement s’effectue à distance : 

  • Valider les attentes de chacun en termes de contenu
  • Définir les règles de bienséance et la manière d’interagir dans le respect de chacun

“Moi aussi en tant que professeur, j’ai mes attentes vis-à-vis de ma classe. J’ai un programme défini, avec des objectifs pédagogiques, mais je pense qu’il est important de savoir s’adapter à ce qui intéresse les étudiants. Plus ils sont intéressés, plus ils osent interagir, poser des questions, s’exprimer. J’essaie au maximum de créer une atmosphère dans laquelle les étudiants osent sortir de leur zone de confort. Il est important qu’ils osent tester, se lancer, quitte à dire des bêtises ! Mais pour cela, il faut créer une culture propice.”

Les bonnes pratiques pour assurer un enseignement à distance fluide

La difficulté de l’enseignement à distance, sa grande faille ? La concentration. En effet, comme le souligne Karin, “c’est très difficile de rester concentré si on est pas actif, on finit toujours par décrocher !”. Le cerveau humain a en effet ses failles lorsqu’il s’agit de maintenir toute son attention sur un sujet particulier. Mais forte de ce constat, Karin Kollenz ne se laisse pas décourager. “Avec cette contrainte en tête, le professeur doit activer l’ensemble des étudiants au moins toutes les 15 minutes ! Dans une salle de classe on peut rapidement voir qui est attentif et engagé, en ligne beaucoup moins. C’est pourquoi en cours, toutes les 15 minutes, je leur fais faire un quizz, un travail de groupe, un vote…  Tout ce qui les ré-engage avec le cours ! Une brève activité physique peut aussi faire office d’activation si besoin”, conseille-t-elle.

Second conseil de Karin Kollenz, demander aux étudiants d’activer leur caméra si possible. “Lorsque l’on voit les autres et que l’on est vu, on essaie instinctivement de rester concentré le plus longtemps possible. Il n’y a aucune raison lorsque l’on suit une formation à distance de ne pas se lever, ni de s’habiller ! Ce minimum requis d’effort est aussi la base d’une énergie, d’une politesse, d’un respect pour l’autre, qui est important.”

Et au-delà de la caméra, le micro est aussi un sujet qui peut jouer dans l’expérience des étudiants. “Je demande aux étudiants de ne pas se mettre en silencieux, de laisser leur micro s’ils n’ont pas trop de bruit derrière eux. C’est plus spontané et agréable que le silence absolu, qui est pesant parfois lorsque l’on fait cours, c’est plus humain ! Cela fonctionne très bien avec une trentaine d’étudiants. »

Les interactions humaines, pierre angulaire de la formation à distance

Dernier conseil que nous livre Karin Kollenz : l’aspect social de l’apprentissage. En effet, selon la professeur de stratégie, il est important de mettre les étudiants en situation d’interactions.

“Même si le cours s’effectue en ligne, il est essentiel de maintenir des interactions sociales au début et à la fin du cours. Pour ma part par exemple, j’arrive 15 minutes avant chaque cours pour discuter de ce que souhaitent les élèves : le temps, leur moral, … Je reste aussi 15 minutes après. C’est important de donner cette possibilité à chacun, pour éviter le sentiment d’isolement qui peut être induit par la formation en ligne. L’important, c’est de donner à chacun la possibilité de s’exprimer !

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