Comme tous les deux ans, le rapport sur le futur du travail et les métiers d’avenir du Forum Économique Mondial offre un aperçu des transformations auxquelles les travailleurs comme les entreprises devraient se préparer ces prochaines années.
S’appuyant sur une enquête à la fois mondiale et intersectorielle unique, cette étude permet de mieux comprendre comment évolue le marché du travail. Elle s’appuie pour cela sur des sondages et entretiens réalisés auprès de Directeurs des Ressources Humaines, des spécialistes de la formation professionnelle et des PDG des plus grandes entreprises internationales.
La cinquième édition de ce rapport offre des données encore plus larges qu’en 2023. Elle résume le point de vue de plus de 1000 entreprises, employant au total plus de 14 millions de personnes, dans 22 secteurs et 55 pays différents.
Cette étude se base sur 5 grandes familles de tendance :
- les changements technologiques, avec notamment l’impact de l’IA,
- la transition écologique,
- la fragmentation géoéconomique,
- l’incertitude économique,
- les transitions démographiques.
Elle montre leur impact sur la structuration de l’emploi, les compétences et les stratégies de transformation de la main-d’œuvre.
Malheureusement, la boule de cristal qui permettrait de prédire l’avenir du travail n’existe pas encore. Mais ce rapport s’en rapproche sensiblement en permettant de mieux analyser quels seront les emplois du futur et comment s’y préparer. Dans cet article, nous décryptons le rapport et vous emmenons avec nous en plongée dans l’avenir du travail…

Plongée dans le futur du travail et les métiers d’avenir
Comme pour l’étude précédente, les nouvelles technologies restent en 2025 au cœur des préoccupations des organisations interrogées (Intelligence Artificielle, Machine Learning, blockchain, data science, etc.). Elles sont en effet un moteur clé de la transformation du monde des entreprises.
Ainsi, l’élargissement de l’accès au numérique est en tête des tendances les plus transformatives : en 2025, 60 % des employeurs s’attendent à ce qu’il transforme leur entreprise d’ici 2030.
La transition écologique reste également une thématique centrale pour les entreprises, pour lesquelles il existe deux types d’action concrète :
- la limitation du changement climatique (climate-change mitigation), citée par 47 % des entreprises, ce qui en fait la 3e tendance la plus transformative,
- l’adaptation au changement climatique (climate-change adaptation), citée par 41 % des entreprises, ce l’amène en 6e position.
Les métiers d’avenir portés par la transition
L’importance de ces tendances rend certains professionnels attractifs, faisant de l’ingénieur en environnement, de l’ingénieur en énergies renouvelables ou encore du spécialiste en véhicules électriques de véritables métiers du futur.
La fragmentation géoéconomique, quant à elle, est citée par 34 % des entreprises comme un facteur d’évolution au cours des prochaines années, surtout pour celles qui ont des liens économiques avec la Chine ou les États-Unis. Les tensions géopolitiques peuvent renforcer le besoin en professionnels de la cybersécurité et des réseaux, ainsi que tous les métiers liés à la sécurité de façon globale, tout en favorisant un phénomène de relocalisation (re-shoring). Les soft skills telles que la résilience et la flexibilité gagnent en importance.
Enfin, l’IA prend une place prépondérante et redéfinit la frontière entre l’humain et la machine. Actuellement, les tâches se répartissent :
- à 47 % pour les humains,
- à 22 % par la technologie,
- à 30 % en collaboration entre l’humain et la machine.
Mais sous l’effet de l’automatisation et l’augmentation de la collaboration, les entreprises envisagent une évolution où la répartition sera d’un tiers pour chaque, montrant l’importance croissante de l’IA et des compétences liées.
Les métiers du futur de la tech
Les nouvelles technologies restent l’un des principaux créateurs d’emploi en 2025, mais les tendances changent. Si en 2023, 75 % des entreprises envisageaient que leur entreprise évolue sur l’effet de l’IA, ce chiffre monte à 86 % en 2025, tandis que le cloud et le big data restent également des sujets centraux. Si l’on constate des disparités (ce chiffre est de 98 % pour les entreprises du secteur financier, mais seulement de 72 % dans les technologies), on constate que l’impact de l’IA est attendu par l’ensemble des entreprises.
Dans un tel contexte, selon le FEM, les 5 métiers du futur dans la tech sont les suivants.
1. Les spécialistes du big data
Les emplois liés à la science des données et plus particulièrement au big data continueront de progresser dans les prochaines années. En 2025, le métier de spécialiste du big data est considéré comme celui qui connaîtra la plus forte croissance d’ici 2030. Les analystes et scientifiques de données, sont également des postes centraux, qui figurent dans le top 15.
Les compétences requises seront donc liées à l’analyse et la modélisation de données. Mais aussi plus globalement aux mathématiques et statistiques, au codage. Sans oublier des soft skills comme la communication, la présentation visuelle de la data et le storytelling.
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2. Les ingénieurs de la Fintech
Les ingénieurs de la Fintech ont choisi un secteur d’avenir, puisqu’il s’agit du deuxième métier qui devrait connaître la plus forte croissance. Les entreprises sont à la recherche de professionnels capables de concevoir des systèmes de paiement décentralisés, d’optimiser les algorithmes de transaction automatisés ou d’intégrer des protocoles de finance participatives.
Ce sont des métiers qui demandent une double expertise, il faut à la fois connaître les technologies de traitement de données ou encore l’intelligence artificielle et disposer d’une solide culture des mécanismes financiers traditionnels. Ces profils sont également appréciés pour leur résilience dans le contexte d’un secteur en évolution constante, ainsi que pour leur flexibilité et leur capacité à innover.
3. Les spécialistes de l’IA et du machine learning
La demande en ingénieurs ML (machine learning) et spécialistes de l’IA ne devrait elle non plus pas connaître la crise. L’apprentissage automatique est en effet perçu par une large majorité des entreprises comme un puissant levier pour anticiper les perturbations futures du marché du travail.
L’industrie mondiale de l’apprentissage automatique va continuer à croître et le poste de spécialiste de l’IA et du machine learning est à la troisième place des métiers qui devraient connaître la croissance la plus forte.
Les compétences requises pour se positionner sur ces métiers d’avenir sont avant tout le code (C++, Python), mais aussi et plus que jamais la maîtrise des outils d’IA générative, le prompt engineering et la créativité (creative thinking).
4. Les spécialistes du développement logiciel et d’applications
Le numérique et l’intégration de nouvelles solutions applicatives au sein de toutes les industries permettent aux développeurs logiciels et d’application d’être le 4e métier qui devrait connaître la croissance la plus forte d’ici 2030. Ces professionnels sont recherchés pour leur capacité à intégrer nativement des solutions innovantes, notamment liées à l’intelligence artificielle.
Cependant, pour se distinguer en tant que développeur, il faut maîtriser plus que les langages de programmation. Il faut avoir une haute culture des dernières évolutions technologiques (technological literacy), avoir une expertise en architectures logicielles complexes, tout en maîtrisant l’intelligence artificielle.
En 2025, être développeur, c’est déjà exercer un métier du futur. En cultivant des soft skills telles que la pensée analytique, la créativité et la capacité à résoudre des problèmes complexes, les professionnels du secteur assurent leur employabilité sur le long terme.
5. Les spécialistes de la sécurité
Alors que la tech et les solutions d’IA se développent dans le monde entier, les spécialistes de la sécurité deviennent des atouts essentiels, voire indispensables aux entreprises, ce qui fait de que ces professions atteignent la 5e place du classement des métiers en plus forte croissance, tandis que les analystes en sécurité de l’information se hissent dans le top 15.
Pour s’insérer dans ce secteur, les talents devront avant tout démontrer leur aisance en matière de protection éthique des données. Les entreprises seront de plus particulièrement intéressées par les profils de lifelong learner. Plus que n’importe quelle autre verticale, celle de la cybersécurité impose en effet de s
Les métiers d’avenir dans l’environnement et les nouvelles énergies
L’environnement et les nouvelles énergies sont certains des principaux facteurs de transformation au sein des entreprises, avec pour principaux objectifs, la limitation du changement climatique et l’adaptation. L’étude de 2025 confirme les conclusions de celle de 2023 : les métiers spécialisés connaîtront une croissance relativement rapide dans les années à venir. Le recrutement vert (green hiring) est une tendance claire : les professionnels ayant des compétences vertes sont plus souvent recrutés que la moyenne générale. Et ce, en particulier dans un contexte où les économies mondiales se voient contraintes de réduire leur empreinte carbone ou de mitiger les effets du réchauffement climatique.
Le top 15 2025 des postes qui connaîtront la plus forte croissance comprend trois métiers liés à l’environnement et aux nouvelles technologies :
1. Le spécialiste des véhicules autonomes et électriques
Alors que les émissions de CO2 proviennent en grande partie des véhicules thermiques, le développement de véhicules électriques permet de limiter les émissions, favorisant un air plus pur en ville et offrant des alternatives aux énergies fossiles.
Les professionnels spécialisés dans les véhicules électriques et autonomes occupent de véritables métiers du futur. D’après le classement, ils sont 7e du classement global des professions qui connaîtront la plus forte croissance.
2. L’ingénieur en environnement
Les emplois liés à la décarbonisation et à la protection de l’environnement, par exemple le contrôle de l’empreinte carbone, seront parmi les plus demandés à l’avenir. Les entreprises devront en effet surveiller de façon accrue leur émissions. Ce contrôle leur permettra, selon les régions, de séduire les consommateurs, truster des subventions gouvernementales, ou se conformer aux nouvelles réglementations vertes.
Pour cela, elles auront besoin de profils tels que des ingénieurs en environnement, mais aussi des spécialistes du développement durable, qui sauront établir des diagnostics et proposer des axes d’amélioration significatifs, à fort impact. Pour certaines industries, comme celle des mines et des métaux ou celles de l’automobile ou de l’aéronautique, c’est un facteur de transformation fondamental.
3. L’ingénieur en énergies renouvelables
47 % des entreprises sondées voient l’investissement pour réduire leur empreinte carbone comme un facteur essentiel de transformation, ce l’amène en 3e position du classement.
Dans un tel contexte, les ingénieurs en énergies renouvelables sont des professionnels promis à un grand avenir. Ces spécialistes seront mobilisés pour développer des sources d’énergies plus efficaces et durables. Et donc par là même réduire les émissions des collectivités comme des acteurs économiques. C’est ainsi que ce métier est le 15e du classement des postes qui vont le plus croître d’ici à 2030.
Se préparer aux métiers du futur dès maintenant
Le monde du travail continue d’évoluer, à mesure que les révolutions technologiques s’accélèrent et les problématiques environnementales deviennent plus pressantes. Les employeurs estiment ainsi que 39 % des compétences des travailleurs seront perturbées au cours des cinq prochaines années.
La formation continue, qu’elle soit à l’initiative du collaborateur ou de son employeur, sera donc un sujet majeur. Devant une forte culture technologique, c’est surtout la pensée analytique qui gagnera en importance (jugée essentielle par 70 % des entreprises en 2025, ce qui en fait la compétence numéro 1). La résilience, la flexibilité, l’agilité ou encore le leadership figurent parmi les soft skills les plus recherchées. Elles reflètent l’importance croissante pour les entreprises de personnes compétentes dans la résolution de problèmes de plus en plus complexes !
Enfin, l’étude met en avant l’importance de la formation continue pour s’adapter aux évolutions du monde professionnel. D’après le FEM, si l’ensemble des travailleurs du monde étaient réduits à un groupe de 100 :
- 59 d’entre eux auraient besoin d’une formation d’ici 2030,
- 29 pourraient être formés pour leur poste actuel,
- 19 pourraient être formés et redéployés en interne,
- 11 cependant risquent de ne pas recevoir la formation dont ils ont besoin, ce qui met en péril leur poste.
EDHEC Business School se tient aux côtés des professionnels et propose des formations à distance pour développer des compétences recherchées.



