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Mieux apprendre avec l'effet Zeigarnik

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Si, comme nous, vous êtes constamment à la recherche de méthodes de travail vous permettant d’assimiler plus facilement de nouvelles informations, ou de maîtriser de nouvelles compétences, l’effet Zeigarnik peut vous intéresser. 

Nommé d’après Bluma Zeigarnik, une psychologue d’origine lituanienne, l’effet Zeigarnik est la tendance à se souvenir plus facilement des tâches inachevées que de celles que nous avons terminées. Une approche qui peut paraître contre-intuitive, mais qui est un bel apprentissage des rouages psycho-cognitifs humains.

Alors comment tirer parti de cette donnée pour booster sa productivité ou augmenter ses capacités d’apprentissage ? Nous avons décidé de nous attaquer au sujet dans cet article et de creuser les applications de l’effet Zeigarnik.

Effet Zeigarnik - EDHEC Online

Qu’est-ce que l’effet Zeigarnik ?

 

Tout commence dans les années 1920. 

Attablée avec des amis au restaurant, le Dr Zeigarnik remarque que les serveurs sont capables de mémoriser des commandes extrêmement longues et complexes avant de les annoncer en cuisine. A l’inverse, ce souvenir disparaît complètement de leur mémoire une fois la commande réglée. Intriguée, Zeigarnik décide de mener l’enquête et se penche sur le sujet.

En étudiant davantage cette tendance psychologique, elle découvre alors que le cerveau humain parvient plus facilement à mémoriser des tâches en cours plutôt que des tâches qu’il a déjà accomplies. Ce sont les fondements de la découverte et de la formalisation de ‘l’effet Zeigarnik’.

Selon l’effet Zeigarnik, on se souvient ainsi mieux des tâches inachevées que des tâches terminées.

Pourquoi notre cerveau réagit-il de cette manière ?

La raison est plus simple qu’il n’y paraît. En réalité, lorsque nous commençons une nouvelle tâche, notre cerveau va développer une tension qui lui est spécifique. Cette tension permet d’améliorer l’accès cognitif à de nouvelles informations ou à des données pertinentes pour cette tâche. C’est donc grâce à elle que l’on arrive à les assimiler plus rapidement, et à compléter ladite tâche plus facilement. 

Or, dès que la tâche est terminée, ou la nouvelle information assimilée, la tension se relâche. L’effet Zeigarnik est donc particulièrement intéressant en matière d’apprentissage ou de productivité. Lorsque nous travaillons sur quelque chose d’intéressant et que nous devons soudainement nous arrêter, cette tension nous empêche de nous concentrer pleinement sur autre chose. Nous ne pouvons tout simplement pas passer à un nouveau sujet avant d’être allé au bout de cette idée/tâche engagée en premier lieu.

L’angoisse de ne pas terminer ce que l’on a commencé

Les 8 corollaires de l’effet Zeigarnik :

1 ) Vous savez à chaque instant tout ce que vous avez commencé et où vous en êtes

2 ) Quand quelqu’un vous demande une liste de ce que vous avez fini, vous avez déjà tout oublié

3 ) Plus vous commencez de tâches sans les finir, plus votre stress augmente

4 ) La tension diminue quand vous finissez une tâche

5 ) Le cerveau n’aime pas l’ambiguïté

6 ) Vous retiendrez mieux quelque chose si vous le faites plusieurs fois

7 ) Vous pouvez réduire l’effet Zeigarnik en accomplissant une tâche similaire à la tâche inachevée

8 ) Si vous avez quelque chose de difficile à faire, commencez par la partie facile

L’effet Zeigarnik, la productivité et l’apprentissage

Eviter une charge mentale conséquente

Étant donné qu’une tâche ou un sujet abandonné en cours de route induit des pensées intrusives, qui empêchent le cerveau de se concentrer, la clé de l’apprentissage serait de dédier pleinement une période de temps donnée à chaque activité

Lorsque l’on a complètement assimilé une nouvelle information, ou que l’on maîtrise une nouvelle compétence, notre système cognitif nous délivre une récompense : la tranquillité d’esprit ! A l’inverse, une activité laissée en plan se traduira par de l’anxiété, et l’impossibilité de se concentrer sur autre chose. 

Bannir le muti-tâches

Vous l’aurez compris, l’ennemi juré de l’effet Zeigarnik, c’est le multi-tâche. Chaque nouvelle tâche est en réalité une interruption de la précédente, ce qui explique que l’on ne puisse pas réellement tout faire en même temps. Car qui dit nouvelle activité, dit tension supplémentaire, dit charge mentale accrue sur le cerveau qui n’est pas équipé pour répondre à cette complexité !

Adopter une méthode

C’est d’ailleurs pour cela que des techniques de gestion du temps, comme Pomodoro, fonctionnent si bien. La clé est donc de décomposer chaque nouveau domaine de connaissance (ou chaque nouvelle tâche) en plusieurs sous-parties, afin qu’elles soient plus faciles à assimiler. Et d’adapter le temps concentré à chacune d’entre elles en fonction du niveau de difficulté. 

C’est une approche qui a notamment été largement adoptée dans la discipline du conseil. L’approche des consultants est en effet de diviser un problème complexe en ‘briques’ de complexité moindre, traduites en livrables. Un véritable jeu de Lego, pour déconstruire la complexité d’une mission et pouvoir avancer de manière efficace et ciblée !

4 pistes pour mieux apprendre grâce à l’effet Zeigarnik

Intéressons-nous maintenant aux différentes stratégies pour profiter de l’effet Zeigarnik. Et utiliser cette tension spécifique à une tâche en cours pour maintenir notre concentration, et apprendre plus facilement. 

1/ Créer une dynamique

Que cela soit dans le cadre des études ou du travail, nous sommes beaucoup à être enclins à la procrastination. Les nouveaux outils de communication ont d’ailleurs tendance à nous rendre plus perméables aux distractions. On est donc souvent tentés d’abandonner une tâche pour se jeter sur une autre (parce qu’elle nous paraît plus urgente). Ce qui entraîne du stress, et beaucoup d’erreurs. 

Ce que nous montre l’effet Zeigarnik, c’est que nous avons au contraire tout à gagner à commencer une nouvelle tâche, d’autant plus si elle est complexe, le plus tôt possible. Le simple fait de vous y atteler aura un impact très puissant sur votre motivation. 

Une fois que vous aurez créé cette brèche pour le sujet en question,  vous constaterez qu’il ne cessera de surgir dans votre tête. Ce qui vous poussera à y revenir de plus en plus, jusqu’à ce que vous l’ayez complètement assimilé.  

2/ Prévoir des pauses stratégies pour améliorer sa mémoire

Prendre de courtes pauses tout en travaillant sur une tâche permet de maintenir la tension spécifique à ce nouveau domaine d’apprentissage. Cela peut vous aider à booster votre mémoire, et facilite l’accès aux informations pertinentes. 

Des études montrent que les étudiants qui arrêtent temporairement de réviser pour faire des activités autres (comme jouer à la console ou faire du sport), se souviendront plus facilement de ce qu’ils viennent d’apprendre que ceux qui bachotent sans  interruption. 

Pour maintenir votre élan, il est donc conseillé de prévoir de courtes pauses tout au long de la journée. Assurez-vous simplement de faire quelque chose qui n’ait aucun rapport avec votre tâche. 

3/ Conclure sa journée par une To-Do List

En pratique, il ne sera pas toujours possible d’appliquer l’effet Zeigarnik à votre journée de travail. Non seulement vous ne pourrez pas forcément vous dédier à un seul sujet. Mais cela peut également alimenter votre désir de vous consacrer à d’autres tâches, et entraîner de l’anxiété ou un burn out. 

Pour contenir le potentiel négatif de l’effet Zeigarnik, essayez d’écrire une liste des tâches que vous n’avez pas encore achevées en fin de la journée. Une étude de la Florida State University a montré que les personnes qui réfléchissent à la manière dont ils vont terminer une tâche se laissent moins distraire par leur travail inachevé

Le simple fait de reconnaître que vous avez une tâche toujours en cours, et d’écrire quand vous pensez la terminer vous permettra de réduire votre stress et de vous détendre. Vous y reviendrez apaisé et  plus disposé à vous concentrer.

4/ Explorer de nouveaux sujets pour travailler sa plasticité cérébrale

Qu’est-ce que la plasticité cérébrale ?

La plasticité cérébrale est une notion qui a largement secoué le domaine des neurosciences lors de sa découverte. Elle désigne la capacité du cerveau à réorganiser les connexions entre ses neurones en permanence. En effet, tout au long de la vie d’un individu, son cerveau va se modifier, en fonction de ses expériences.

La plasticité cérébrale a été démontrée lors d’une expérience menée dans les années 1990 auprès d’une population de singes. Les singes devaient ainsi toucher des objets avec certains de leurs doigts, chaque doigt étant numéroté de 1 à 5. Le toucher avec un doigt activait une partie du cortex cérébral somatosensoriel (la région du cerveau responsable de percevoir le toucher) bien précise. Autrement dit, lorsque le signe touchait un objet avec son doigt numéro 1, une partie du cortex s’activait, tandis qu’avec le doigt numéro 5, c’était une autre partie qui se réveillait.

L’étude a montré que si les singes n’étaient invités à solliciter qu’un nombre limité de leurs cinq doigts pour toucher des choses, la taille des zones de leur cortex se réorganisait en conséquence au bout de quelques mois. Ainsi, les zones liées au doigts non sollicités dans le toucher se réduisaient, tandis que celles responsables de percevoir la sensation de toucher des doigts qui étaient utilisés chaque jour grandissait. La conclusion tirée de cette observation ? Notre cerveau s’adapte aux tâches répétitives pour nous rendre plus efficaces, amplifier notre ressenti. 

La plasticité cérébrale et l’apprentissage

Il a aussi été démontré que la plasticité cérébrale intervient dans le processus d’apprentissage. En effet, ce dernier, qui consiste à aborder une tâche nouvelle et inconnue, requiert une réorganisation de certains réseaux neuronaux dans notre cerveau, afin d’adapter l’individu à la nouvelle tâche ou au nouveau savoir découvert. 

Aujourd’hui, la plasticité cérébrale est encore peu connue (ou du moins, ses mécanismes restent difficiles à appréhender), mais il est clair que plus elle est forte chez l’individu, plus l’apprentissage est efficace, et plus le cerveau est en capacité de guérir certaines lésions. Un beau défi pour favoriser sa capacité à aborder de nouvelles tâches de manière efficiente !

Assimiler de nouvelles compétences ou connaissances est plus simple lorsque l’on sait comment fonctionne notre cerveau. Appliquer l’effet Zeigarnik vous permettra de vous concentrer plus facilement et de mieux retenir les données et informations pertinentes.

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