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Finance et croissance durable : deux univers conciliables ?

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Pour façonner un avenir plus désirable, il faut mobiliser tous ses acteurs. Un projet qui nécessite une approche globale de tous les secteurs, dont le principal est certainement la finance durable !

Souvent pointé du doigt pour ses effets sociaux et environnementaux délétères, le secteur financier possède aussi un pouvoir énorme. Et ce, non seulement sur le financement d’industries plus vertes, mais aussi sur la sensibilisation aux questions de durabilité ! Que cela soit en permettant la recherche et le développement de sources d’énergie alternatives, ou en soutenant les entreprises adoptant des pratiques de travail équitables et durables…

Mais ces bonnes intentions sont-elles compatibles avec un impératif de profit ? Et peut-on se contenter d’une confiance aveugle envers les acteurs de la finance durable, ou faut-il l’encadrer de près ? Les considérations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) ont progressivement dominé de nombreuses décisions d’investissement ces dernières années. Reste à savoir si elles vont de pair avec de bons rendements…

 

Qu’est-ce que la finance durable ?

Dans un contexte d’épuisement des ressources naturelles et de dégradation des conditions climatiques, la durabilité est un enjeu majeur. Elle désigne la capacité de notre économie à ne pas nuire à son environnement. Son objectif est de soutenir l’équilibre écologique, social et gouvernemental à long terme de nos sociétés. 

C’est notamment dans cette optique que la Commission européenne a lancé l’initiative Finance durable. À la base de cette dernière ? L’objectif que le secteur des services financiers, en tant qu’acteur économique mondial clé, contribue à la hauteur de son importance à soutenir une économie plus durable.  

La transformation vers une économie respectueuse de l’environnement nécessite en effet d’énormes investissements. Le secteur financier, jouant un rôle déterminant dans l’allocation du capital, doit donc s’investir dans la gestion durable des capitaux. 

En parallèle, la prévention des facteurs de risques écologiques et sociaux devient une condition incontournable à la résilience des entreprises. En effet, les critères d’investissement traditionnels risquent de ne pas couvrir suffisamment ces risques. On peut citer les effets sur le long terme de l’épuisement des ressources naturelles, ou les impacts du changement climatique… La finance durable consiste ainsi pour les services financiers à adopter de nouveaux critères de prêt liés aux risques à long terme. 

Le champ d’application de la finance durable est large. En plus des objectifs environnementaux, elle est chargée de promouvoir plus de justice sociale et une meilleure gouvernance. 

La finance durable englobe donc la protection de l’environnement, mais aussi le bien-être des collaborateurs d’une entreprise. Charge à elle également de s’assurer que les organisations mettent en place des systèmes promouvant une stratégie de développement durable. 

 

Pourquoi la finance durable est-elle importante ?

La restauration des espaces verts est l’un des leviers les plus efficaces pour lutter contre le changement climatique. Les forêts et l’agriculture représentent plus d’un tiers des solutions environnementales, alors qu’elles ne reçoivent que 3% du financement climatique !

Des objectifs de restauration ambitieux ont déjà été fixés au niveau international. On peut ainsi citer le Bonn Challenge, qui vise à restaurer 350 millions d’hectares dans le monde d’ici 2030. Ou bien la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes, qui œuvre à collecter des fonds. 

Car des fonds, il en faudra pour atteindre ces objectifs ! Un rapport de Nature Conservancy estime que l’humanité devra dépenser 600 à 800 milliards de dollars supplémentaires par an pour inverser la crise de la biodiversité d’ici 2030. Cette note salée s’ajoute aux 3 milliards annuels aidant les pays du Sud à atteindre leurs objectifs de développement durable.

Combler ce déficit de financement nécessitera un effort coordonné entre les secteurs public et privé, au niveau local et mondial. Alors que la sixième extinction de masse s’accélère et que le réchauffement climatique bat de nouveaux records, les yeux se tournent non plus uniquement vers les décideurs politiques et les entreprises (via leur initiatives de RSE), mais aussi vers la finance durable. 

 

Qui sont les principaux acteurs de la finance durable ?

Les entreprises sont la principale source de financement liée au climat. D’abord, par le biais de leurs initiatives de RSE. Mais aussi via leurs investissements dans des secteurs stratégiques de la finance durable (énergies renouvelables, transport, infrastructures vertes…). 

Par ailleurs, les institutions financières ne sont pas loin derrière. Les banques fournissent elles aussi une part importante des capitaux financiers mobilisables pour les investissements verts. Les organismes financiers internationaux (comme les banques de développement) sont d’ailleurs amenés à soutenir l’intensification de ces derniers. Et ce, notamment en testant de nouveaux canaux de financement, en canalisant les fonds vers le développement durable par le biais de mécanismes comme les obligations vertes. Ou encore, en influençant la gouvernance mondiale pour qu’elle le soutienne davantage. 

Si elles fournissent un financement limité, les organisations internationales (comme l’OCDE, le G20 et même l’ONU) participent à l’effort collectif en définissant l’agenda en matière de durabilité. Elles jouent également un rôle en coordonnant les sources de financement. 

Parmi les autres acteurs clés, on peut également mentionner : 

  • Les fonds climatiques (comme le Fonds pour l’environnement mondial). Financés par les contributions des états, ils mènent des projets d’atténuation du changement climatique ;
  • Les gouvernements, qui déterminent le montant des enveloppes publiques affectées au développement durable ; 
  • Les banques centrales et les autorités de régulation, qui orientent les acteurs financiers par le biais de politiques et réglementations ;
  • Les investisseurs institutionnels (fonds de pension, fonds souverains et assureurs) qui apportent des capitaux au secteur privé; 
  • Les bourses, souvent spécialisées dans les investissements verts et durables. C’est le cas par exemple de la Luxembourg Green Exchange (LGX), rattachée à la Bourse de Luxembourg. Cette dernière fonctionne comme une plateforme dédiée aux valeurs vertes, sociales et durables

 

Comment attirer les investisseurs et catalyser l’investissement privé vers des objectifs de durabilité ?

Pour financer les entreprises vertueuses et les projets durables, la finance doit donc constituer des fonds conséquents. Pour ce faire, elle dispose de deux instruments financiers principaux : les fonds propres et la dette. 

La première méthode d’investissement durable utilisée est le financement par actions. Cette dernière implique de monter des projets solides, et viables économiquement, pour attirer les investisseurs et les encourager à prendre une participation (par le biais d’actions) en échange de leur capital. 

Dans un second temps, les projets verts matures peuvent être financés par emprunt (via un prêt ou des obligations). Les capitaux prêtés sont remboursés avec intérêt. Les projets d’investissement verts et leurs bailleurs de fonds s’engagent dans une pratique connue sous le nom d’effet de levier. Cette dernière permet de réduire le risque perçu afin d’encourager les investisseurs privés à le soutenir.

Les investisseurs de la finance durable gèrent souvent le risque en utilisant une garantie de prêt ou de crédit émanant des institutions financières publiques. Cela transfère le risque de l’investissement de l’investisseur à l’institution, qui sert de garant du prêt. 

 

La finance durable : une initiative créatrice d’emplois et de croissance pour les entreprises 

S’il est difficile d’évaluer la valeur des capitaux totaux investis dans la finance durable, on peut évaluer sa croissance à la hausse de la demande en professionnels ayant une expertise spécifique dans ce créneau. Bloomberg a récemment rendu compte de la tendance, évaluant qu’il s’agissait déjà de l’un des domaines les plus demandés, notamment en Asie.

Les grandes écoles sont également de plus en plus nombreuses à proposer des programmes de maîtrise en durabilité, et de nouvelles certifications d’études supérieures dans le domaine. Le but étant de préparer les actifs de demain aux enjeux de la durabilité, et à la complexité des mécanismes de financement verts. 

Par exemple, les fonctions d’un expert comptable inclueront demain la capacité  à collecter, gérer, analyser et rapporter de nouvelles mesures commerciales. Notamment les émissions de gaz à effet de serre, les résultats de l’écart de rémunération entre les sexes et les indicateurs d’éthique et de lutte contre la corruption.

Ces experts sont d’autant plus recherchés par les entreprises qu’ils sont encore relativement peu nombreux. Mais aussi, parce que les enjeux de protection de l’environnement, de défense de la justice sociale et de meilleure gouvernance sont particulièrement stratégiques pour renforcer leur image de marque et attirer des consommateurs plus soucieux de leur impact. La pensée commerciale durable offre également aux organisations un nouveau levier de différenciation et de disruption. Au-delà de son apport en matière de marketing et de communication, une réflexion plus durable sur les performances environnementales et sociales de l’entreprise lui permettra de booster sa valeur commerciale. 

 

Le mot de la fin 


La réflexion sur les facteurs dits ESG est en passe de
faire évoluer drastiquement  le travail des professionnels de la finance. Ceux et celles qui maîtrisent ou participent à inventer ce nouvel espace sont susceptibles d’aider leur entreprise à créer plus de valeur ! Le tout, en démultipliant leur potentiel impact sur le monde qui les entoure. 

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