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Repenser le rôle des émotions : le lien entre intelligence émotionnelle et leadership

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Avez-vous déjà réfléchi au véritable pouvoir des émotions ? Alors que nous mettons souvent l’accent sur l’importance d’un QI élevé, nous avons tendance à sous-estimer la valeur d’un QE (quotient émotionnel) élevé. Les émotions sont fréquemment associées à la vulnérabilité ou à la négativité, mais en réalité, elles constituent une source de force profonde. Apprendre à gérer ses propres émotions, qu’elles soient positives ou négatives, et comprendre comment naviguer dans celles des autres est une compétence essentielle. C’est, en fait, un pilier du leadership avec un fort impact.

Que vous soyez curieux de mieux comprendre l’intelligence émotionnelle, désireux de renforcer votre QE, ou un manager cherchant à devenir un leader plus efficace, cet article est fait pour vous.

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle et pourquoi est-elle importante ?

Avant de comprendre la valeur de l’intelligence émotionnelle, il est important d’en saisir la définition. Comme le suggère le terme, il s’agit d’être intelligent avec les émotions : savoir gérer les siennes et comprendre celles des personnes qui nous entourent.

Mais pourquoi devriez-vous vous soucier de développer une forte intelligence émotionnelle ?

Dans le monde professionnel actuel, le QE joue un rôle crucial dans l’évolution de carrière, le leadership et la réussite des équipes. Vous pouvez avoir les compétences techniques et l’expérience nécessaires, mais si vous manquez d’empathie ou de conscience émotionnelle, cela peut devenir un véritable frein. Les organisations recherchent de plus en plus des leaders qui ne savent pas seulement obtenir des résultats, mais aussi créer du lien, soutenir et inspirer les personnes qu’ils dirigent.

Les composantes clés de l’intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle se compose de plusieurs éléments fondamentaux qui constituent ensemble la base d’un leadership personnel et interpersonnel efficace :

  • Conscience de soi
    La capacité à reconnaître et comprendre ses propres émotions, ainsi que leur impact sur ses pensées et ses comportements.
  • Maîtrise de soi
    La capacité à réguler ses émotions, à s’adapter au changement et à conserver le contrôle et l’intégrité sous pression.
  • Conscience sociale
    La capacité à faire preuve d’empathie et à comprendre les dynamiques émotionnelles au sein des groupes ou des organisations.
  • Gestion des relations
    L’aptitude à construire et maintenir des relations saines, à résoudre les conflits et à inspirer les autres grâce à une communication efficace.

Le point de vue de Fabian Bernhard, Docteur en sciences

Fabian Bernhard, Docteur en sciences, professeur en management, chercheur en entrepreneuriat familial et en psychologie, et membre clé du corps professoral du MBA en ligne de l’EDHEC, a mené de nombreuses recherches sur les émotions. Il souligne que les quatre composantes de l’intelligence émotionnelle sont profondément ancrées dans notre compréhension et notre gestion des émotions.

Selon lui, tout commence par la compréhension de notre propre monde émotionnel (conscience de soi), la manière dont nous le gérons (maîtrise de soi), la façon dont nous percevons et interprétons les émotions des autres (conscience sociale), et enfin, la manière dont nous influençons et orientons les émotions d’autrui (gestion des relations). Sa perspective renforce la pertinence de ces composantes tant pour le développement personnel que pour le leadership.

Leadership et intelligence émotionnelle

Si vous managez une équipe, votre objectif est sans doute de la rendre productive, performante, épanouie et innovante.

Quel est le lien réel entre leadership et intelligence émotionnelle ? Comme le partage Inge De Clippeleer, directrice de la faculté Management & Humanités à EDHEC Business School :

« Aujourd’hui, ce que nous attendons vraiment de nos leaders, c’est l’authenticité. Nous ne leur demandons pas de jouer un rôle, mais d’être eux-mêmes, d’assumer qui ils sont, tout en étant capables de créer du lien et de faire en sorte que leurs collaborateurs se sentent reconnus. »

Cela souligne l’importance de la conscience émotionnelle dans un leadership fort et durable.

Le pouvoir caché des émotions négatives

Les émotions positives comme la joie sont souvent associées à la productivité, à l’innovation et à des résultats professionnels souhaitables. Cependant, les émotions négatives peuvent elles aussi jouer un rôle essentiel dans la créativité et l’innovation, un aspect souvent négligé.

Comme le souligne Fabian Bernhard, « lorsqu’elles sont comprises et canalisées correctement, des émotions telles que la colère ou la culpabilité peuvent mener à des résultats positifs. »

Par exemple, un fort sentiment de colère face à une situation ou à un comportement peut nous inciter à réfléchir et à nous demander : Comment puis-je améliorer cela ? Que peut-on faire différemment ? Cette énergie émotionnelle peut être un moteur d’innovation et de changement constructif.

Quand les émotions négatives stimulent la créativité : enseignements d’une étude de cas

Le professeur Bernhard a illustré ses propos à travers une étude menée auprès de 150 acteurs professionnels. Chaque participant devait susciter un état émotionnel spécifique avant de réaliser une tâche créative. Un groupe se concentrait sur la honte, un autre sur la culpabilité, et un troisième servait de groupe neutre. Les résultats furent frappants : le groupe « honte » a obtenu un score moyen de créativité de 2,5, le groupe neutre de 2,8, et le groupe « culpabilité » le score le plus élevé, proche de 3.

Que pouvons-nous en conclure ?

Cela suggère que la culpabilité, contrairement à la honte, peut favoriser la créativité. Cette distinction est particulièrement pertinente en leadership. La manière dont un leader donne un feedback peut soit freiner, soit encourager le développement. Imaginez un collaborateur junior qui commet une erreur en tentant quelque chose de nouveau. Une réaction induisant la honte, « Regarde ce que tu as fait, tu devrais avoir honte » peut le bloquer. En revanche, une réponse orientée vers la culpabilité, « Cela n’a pas fonctionné, mais voyons ce que tu peux essayer la prochaine fois », favorise l’apprentissage et la responsabilisation sans attaquer l’estime de soi.

Comme le résume le Fabian Bernhard : « Nous ne devrions pas supprimer les émotions négatives, mais guider nos équipes vers le bon type d’émotion négative. Par exemple, vers la culpabilité, qui peut être bénéfique car elle favorise la responsabilité, plutôt que la honte, qui peut miner la confiance. »

Aider les collaborateurs à reconnaître leur responsabilité par la culpabilité, plutôt que d’affaiblir leur valeur personnelle par la honte, conduit à un état d’esprit plus constructif. À long terme, cette approche favorise une plus grande innovation et créativité au sein des équipes.

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Comment améliorer son intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle n’est pas un trait figé ; c’est une compétence qui peut être développée au fil du temps grâce à la réflexion personnelle, à la pratique guidée et à un accompagnement continu. Comme le souligne le professeur Fabian Bernhard :

« L’intelligence émotionnelle est une compétence que l’on peut développer. EDHEC propose des formations qui renforcent ces capacités et offrent un réel avantage dans le management des personnes. »

Que vous soyez leader d’équipe, manager ou simplement en quête de développement personnel, voici quelques actions concrètes pour renforcer votre QE :

  • Accroître la conscience de soi
    Identifier ses déclencheurs émotionnels, ses réactions et ses schémas comportementaux.
  • Pratiquer l’autorégulation
    Apprendre à gérer les émotions intenses et à rester posé sous pression.
  • Développer l’empathie
    Écouter activement, observer le langage corporel et s’ouvrir aux points de vue des autres.
  • Solliciter du feedback et du coaching
    Identifier ses angles morts et ajuster ses réactions émotionnelles.
  • Appliquer les apprentissages en situation réelle
    Tester et affiner ses compétences émotionnelles dans des contextes professionnels concrets.

Comment les programmes en ligne d’EDHEC développent l’intelligence émotionnelle

À l’EDHEC, nous reconnaissons l’importance de l’intelligence émotionnelle dans la formation de leaders efficaces et visionnaires. Nos programmes en ligne sont conçus pour aider les professionnels et managers à développer la conscience de soi, l’empathie et l’agilité managériale requises dans un environnement en constante évolution.

  • MBA en ligne : Ce parcours transformateur de 24 mois inclut Boost360, un programme de coaching personnalisé fondé sur les quatre piliers de l’intelligence émotionnelle.
  • Executive Master Management : Grâce à son dispositif de coaching YouDrive, ce programme éligible au CPF permet aux professionnels de renforcer leur leadership par la pratique et l’introspection.

Que vous souhaitiez manager avec empathie, gérer le changement avec sérénité ou construire des équipes plus solides, investir dans votre QE est une étape décisive.

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